AIDE A LA PUBLICATION DU LIVRE DE CAMILLE LEPRINCE: LE PARADIS DES ORAGES
Olivier Ponsoye
Le fonds de dotation a participé au financement d’un ouvrage photographique retraçant le remarquable travail du jeune photographe Camille LEPRINCE.
Dès ses premières images, Camille Leprince nous plongeait dans sa fantasmagorie la plus intime. Explorateur de la lumière, du temps de pose, de l’exposition multiple, stratège comme seuls savent l’être les intuitifs, il nous offrait, de portrait en portrait, une galerie de « héros » contemporains floutés, dédoublés, objets de métamorphoses. Ces premiers artefacts photographiques nous confrontaient déjà à un « ça-a-été » paradoxal, archaïque, des plus fascinant. La dimension mythologique des recherches de l’artiste s’est affirmée depuis, de même que sa plasticité et, oserais-je dire, son ancrage dans le classicisme. Comme si, de Rembrandt à Mapplethorpe, le même clair- obscur enveloppait les corps. Comme si, d’un trait photographique renouant avec le fusain, dans une illumination de chair évoquant parfois Bacon, toute frontière photo/plastique, toute convention de réalité se trouvait soudain bannie. Ce « hors du temps » flirte avec le sacré dans des compositions plus sombres, de Jugement dernier, de descente de croix, de combat de titans. Un tribunal du désir auquel l’artiste nous convoque. Dont il est l’ordonnateur. Et nous voici, âmes errantes, contraints de contempler avec lui le bloc d’abîme ou, de l’autre côté du miroir, la clarté solaire d’Ariel shakespeariens, de satires et de mitrons que Cocteau aurait pu croquer. Les références, ici, se télescopent, s’annulent, car le champ de cette œuvre court, je crois, de la Renaissance à l’IA. De même que dans certaines images de Tim Walker, le spectre caléidoscopique de toutes les données du monde semble chaque fois secoué, situant chaque nouveau coup de dé au-delà de l’instant, de l’époque et du lieu, dans l’énoncé d’un prompt, d’une incantation fébrile — ou quand la « virtualité » se nourrit de transcendance. (texte de Franck Secka)
La maison d'édition Snap Collective a proposé à Camille Leprince de réaliser son premier livre photo. Il regroupe ses recherches et créations réalisées depuis son diplôme obtenu en 2021 à l'EPSAA ( École professionnelle supérieure d'arts graphiques de la ville de Paris ). Le projet se nomme "Le Paradis des Orages" en référence au poème "Villes" de Arthur Rimbaud dans "Illumination".
signature de livre à l’Inaperçu